Quand un tableau contrôle la météo

Près de 300 ans. Voilà l’âge du plus vieux tableau que l’on retrouve dans la basilique, acquis en 1730 et représentant Sainte-Anne et sa fille Marie. Or, ce qui le rend spécial encore plus que son âge, c’est qu’il semble capable… de miracles.

En effet, lors d’un autre printemps où le fleuve Saint-Laurent menaçait de déborder et d’inonder l’église, on entreprit d’amener le fameux tableau sur la rive… et les eaux se sont magiquement retirées. Qui plus est, après enquête, Monseigneur Bourget en est venu à déterminer qu’à trois occasions, alors qu’il y avait sécheresse dans tous les villages voisins, il pleuvait à Varennes. Et seulement à Varennes. Un autre miracle attribuable au tableau.

Chaque année, le 26 juillet, celui-ci est sorti de l’église pour souligner la fête de la Sainte-Anne.

Le son de l’histoire

Des milliers d’oreilles ont entendu son carillon au fil des siècles.  Elle a connu l’invention de la pénicilline, de l’électricité, de l’automobile. Au Québec, peu de choses sont aussi vieilles qu’elle, et on la trouve désormais dans le chœur de la basilique.

On parle bien entendu d’une cloche, dont les origines vont aussi loin que la construction de l’Hôpital général de Montréal, en… 1692. Soit 50 ans à peine après la fondation de Montréal. Et 67 ans avant la bataille des plaines d’Abraham.

En admirant ce précieux cadeau des Sœurs Grises (fondées par Marguerite d’Youville), on ne peut qu’être fasciné par l’incroyable parcours qui l’a menée jusqu’ici. Cette cloche aurait-elle pu imaginer qu’elle aboutirait dans un endroit où d’autres cloches sonnent désormais à sa place? 

Une coupole des années folles

Si vous observez la coupole à l’intérieur de la basilique Sainte-Anne, et plus particulièrement la Vierge Marie et les anges qui y sont peints, vous y constatez quelque chose d’un peu familier? Comme si tous avaient une apparence, comment dire, plus semblable aux résidents du quartier qu’à une toile du début du 20e siècle? Vous n’avez pas la berlue.

En effet, Guido Nincheri, le célèbre artiste à l’origine de cette œuvre qui domine l’église, s’est inspiré de sa propre épouse pour dépeindre Marie, et de jeunes célibataires de Varennes pour les anges qui l’entourent. 

Nincheri, un fresquiste ayant produit plus de 3000 œuvres religieuses au Canada, est venu ainsi donner une touche locale à l’une de ses plus grandes réalisations. Et ce, bien avant les egoportraits (selfies).

Une sainte paix

Oui, c’est ici qu’elle repose. La Marguerite d’Youville. Fondatrice des Sœurs Grises. Dirigeante de l’Hôpital général de Montréal. Première femme canadienne à être canonisée. Une histoire intimement liée à l’Histoire. Née à Varennes, et désormais au repos éternel à Varennes.

Le parcours, avant d’aboutir ici à la basilique en 2010, a, disons, été long. Depuis son décès en 1771, son tombeau a en effet été déplacé (le terme technique étant translation) pas moins de six fois. Un processus qui, on l’imagine, devait être passablement plus complexe qu’une commande sur Amazon. Surtout quand on sait à quel point ce « colis » pouvait être précieux – et fragile (plus de 200 ans!).

Ultimement, il s’est avéré de soi que le tombeau de Marguerite d’Youville devrait finir son périple là où la sainte a été baptisée. Aujourd’hui, on peut l’admirer dans toute son impressionnante immobilité à la basilique Saint-Anne de Varennes, à proximité du Sanctuaire Sainte-Marguerite-d’Youville

Une sculpture qui attire les voleurs

Marie-Rose Durocher est la première Canadienne à fonder une congrégation religieuse d’enseignantes. Béatifiée en 1982, une chapelle lui est consacrée à l’intérieur même de la cocathédrale. 

Pour signifier la présence de la bienheureuse à la cocathédrale, un monument en cuivre a été installé à l’extérieur. La sculpture faite en cuivre représentait mère Marie-Rose enseignant à deux enfants. Cette œuvre d’art a failli disparaître complètement. En mai 2011, des malfaiteurs ont tenté à deux reprises d’enlever tous les personnages de leur socle. Ils ont dû se contenter des deux jeunes enfants qui entouraient mère Marie-Rose, dont il n’est resté que… les souliers!

Désormais, on peut admirer les vestiges de la sculpture initiale de la fondatrice des SNJM dans le musée de la cocathédrale, à l’abri des intempéries… et des voleurs, revendeurs de métaux! Pour la petite histoire, la sculpture a été remplacée à l’extérieur par un monument en granit, dont la conception est inspirée de l’œuvre originale.

Des catacombes au musée

Le musée situé sous la cocathédrale regorge de pièces et artefacts empreints d’Histoire… et d’histoires. Découvertes archéologiques retraçant la présence autochtone à plus de 2500 ans. Reliques sacrées. Ancien banc réservé à l’usage exclusif des barons de Longueuil.

Et il y a aussi un gisant. Cette statue grandeur nature représentant sainte Aurélie en position couchée contient des fragments de ses propres ossements, provenant des catacombes de Rome. Elle fut fabriquée par deux religieuses de la congrégation des SNJM (au talent artistique indéniable), dont l’une d’elles a fait don de… ses propres cheveux (une dévotion incontestable). 

Refaire le plafond

Il domine le ciel du Vieux-Longueuil. Il est aussi impressionnant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Et il ne fallait pas avoir le vertige pour le construire. Le vaste dôme qui chapeaute la cocathédrale Saint-Antoine-de-Padoue est un élément architectural distinctif qui invite à l’admirer de près.

Et qui, à l’intérieur, fut durant ses premières années peint en… blanc.

Jusqu’à ce que l’on décide de confier aux artisans du célèbre sculpteur d’arts sacrés Louis Jobin la tâche de peindre des fresques au plafond de ce joyau de style néo-byzantin. Ces artistes québécois, perchés à une hauteur de 30 mètres, ont réalisé les œuvres qu’on peut admirer aujourd’hui. Des personnages (dont, bien sûr, Saint-Antoine) qui peuvent sembler minuscules vus du plancher des vaches, mais qui font tout de même plus de trois mètres.

On espère qu’il ne fut pas nécessaire de mettre deux couches partout…

Retour de la sainte

À quel point mère Marie-Rose Durocher est-elle une figure importante dans l’histoire de la cocathédrale et de Longueuil? Au point où une chapelle à l’intérieur de l’église lui est entièrement consacrée.

C’est en effet dans l’ancienne église, située au même endroit, que la fondatrice des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) a prononcé ses vœux en 1843. C’est également ici qu’ont été célébrées ses funérailles six ans plus tard. Béatifiée en 1982, mère Marie-Rose a été donnée comme témoin à tout le peuple de Dieu. 

L’annonce du retour de son tombeau en 2004 a donné lieu à l’aménagement du transept droit de la cocathédrale pour l’y accueillir. Aujourd’hui, les restes de la bienheureuse reposent sous l’autel de la chapelle, un lieu solennel où l’on se recueille. Les pèlerins lui adressent leur prière et leur remerciement pour son intercession. On y retrouve également une statue de l’artiste Yvette Filion Hébert, des éléments d’information et quelques artéfacts, entre autres souvenirs.

Et dans le musée, situé au sous-sol de la cocathédrale, une section dédiée à la congrégation religieuse enseignante recense les grandes lignes de son parcours.

Demande cryptique

Disons que vous êtes une personne très influente dans votre patelin, un baron ou une descendante directe du fondateur dudit patelin. Si vous offrez un terrain pour bâtir une nouvelle église, que pouvez-vous exiger en retour?

Dans le cas de la baronne Marie-Charles-Joseph Le Moyne Grant (un nom qui remplirait deux pancartes de rue), sa demande fut d’y ajouter une crypte où elle et les membres de sa famille pourraient être inhumés.

Cette crypte se trouve aujourd’hui dans une chapelle sépulcrale dédiée à la famille Le Moyne, sous la cocathédrale, un endroit que l’on peut admirer à travers une vitrine dans le musée. On y retrouve quelque 135 enfeus scellés, soit des niches à fond plat aménagées dans un mur pour abriter un tombeau. Avec des noms, on imagine, un peu plus courts.

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